Apprend-t-il assez?

Je vois souvent des parents inquiets de ne pas stimuler suffisamment leurs enfants sur le plan éducatif en IEF. Je peux aisément comprendre ce constat vu la pression que nous nous mettons sur les épaules, et les attentes sociale à cet égard n’aident en rien. 

À partir du moment où nous devenons parent, nous avons à coeur le soucis d’offrir le meilleur de nous-même et la culpabilité s’insinue rapidement en nous. ‘Si je l’allaite pas, est-ce qu’il va quand même grandir en santé?… Si je le laisse dormir sur le ventre et qu’il mourrait?… Si je le laisse jouer dans la cours sans moi, suis-je un parent irresponsable?...’

Il est donc évident que lorsqu’un parent se lance dans l’aventure de scolariser lui-même son enfant, il aie des craintes face à sa décision, mais également face aux impacts que cette décision aura sur l’avenir de sa progéniture.

Comme vous le savez, je scolarise depuis cette année mes filles de 4 et 5 ans. Comme je suis en congé maternité de ma 3e fille, nous prenons notre rythme doucement et nous ajustons au fil des évènements de la journée ( *style un bébé grognon qui dort jamais le jour, ou du moins pas ailleurs que sur maman…).

Mon chum qui a une confiance inébranlable en mon jugement et en mon rôle de mère, ne cache toutefois pas ses doutes à l’occasion, lorsqu’il revient et qu’on ne semble pas avoir fait grand chose de ‘structuré‘. À noter ici, que j’adopte tout de même un style éducatif plus près du UNschooling que de l’enseignement dirigé.

Ceci dit, il m’aie donc arrivé de prendre le temps de le rassurer en lui démontrant les apprentissages implicites et transversales, que mes enfants font en dehors de cette structure qui nous rassure tant. (#transversal… je plug des mots aimés par le ministère ici. ;)).

Je me suis dis que de vous le partager pourrait peut-être vous rassurer aussi, ou du moins, éveiller en vous quelques pistes de réflexion.

Ainsi, lorsque mes filles passent 1h dehors à jouer dans la neige, elles ne semblent pas en apprentissage à première vue. Pourtant, elles développent leur force physique et leur compétence mathématique en construisant un abri dans la neige, suffisamment solide, qui saura les protéger du froid. Elles réalisent aussi que la neige au contact prolongé de la peau (vive les mitaines qui finissent toujours par être garochées à un moment donné), l’a gèle, provoquant une rougeur et qu’à leur retour à l’intérieur, la peau picote lorsque sa température remonte (phénomène du flux sanguin). Elles apprennent aussi à travailler ensemble et à régler leurs (#nombreux) conflits, puisque je ne suis pas présente pour intervenir.

Lorsqu’elles reviennent et qu’elles mangent une collation, nous discutons par exemple, de l’importance de boire de l’eau pour éviter la déshydration du corps. Elles apprennent donc les symptômes de la déshydratation et du coup, que leur corps est majoritairement fait d’eau. La discussion bifurque parfois sur la digestion, et ma 4 ans me parle alors de l’intestin qui s’occupe de ce travail, pendant que ma 5 ans nous rappel que les poumons eux, se gonflent d’air et expirent du CO2. 

Nous nous rappelons ensemble que nous inspirons de l’oxygène, alors que les plantes le rejettent et ‘inspirent’ plutôt le CO2 que nous rejetons. Les filles discutent alors de notre dernière lecture sur les Origines de la vie, où elles ont appris que l’oxygène évacué par les premières plantes dans l’eau, a formé la couche d’ozone et que c’est elle qui nous protège des rayons UV.

Elles s’installent ensuite dans un bricolage où elles stimulent leur créativité et activent leur imaginaire. Elles développent également la notion de partage et d’échange lors de l’activité qu’elles mènent seules, ou presque. Elles se lancent même dans l’écriture par ci par là, en venant me demander les lettres pour tel ou tel mot. 

Lorsqu’elles ont terminé, elles vont à leur chambre où elles se lancent dans un jeu de rôles, organisés autour de la parentalité et des bébés. Je les observe de loin, en buvant un café et allaitant ma dernière qui s’endort enfin. Je les vois s’inventer une histoire réelle et imaginée, personnifiant chacune leur personnage, et se déguisant avec tout ce qu’elle trouve dans le garde-robe. Elles viennent alors diner en prenant bien soin d’installer leurs ‘bébés’ dans leurs lits, le temps de manger, pour mieux les retrouver une fois terminé.

Alors que je ramasse la cuisine, elles retournent donc à leurs jeux pendant un moment. Lorsque je sens la fébrilité et la fatigue grimpée, je les invite à venir s’assoir avec moi pour lire sur une époque à l’étude cette semaine, ou encore pour un jeu de lecture de syllabes. Mais ça ne durera jamais bien plus que 20 minutes ! On termine par un dessin en lien avec la discussion (les planètes, les plantes, etc.).

Je prépare le souper alors que chacune leur tour, elles font leur routine du soir à la salle de bain et rangent leur chambre… et nous terminerons la journée par une lecture une fois encore, où elles apprendront bien d’autres notions sans même s’en rendre compte.

Ma fille aînée sait différencier le panda du koala alors que je n’y arrive toujours pas (ça ne me rentre pas dans la tête à son grand désespoir!!), et me surpasse au piano à ma grande fierté. Elle sait aussi prendre soin de sa soeur et de mieux en mieux nommer ses émotions.

Ma 2e connait le fonctionnement de plusieurs organes tout comme des globules blancs et rouges. Elles sait où retrouver des endroits où déposer des piles usagés, et que l’on peut les recycler pour en faire des gouttières, de nouvelles piles, etc. Elles sait faire retrouver le sourire aux gens qui sont tristes et les amener à s’émerveiller des choses les plus simples.

Mes enfants ont une capacité d’apprendre qui ne cesse de m’épater. J’ai foi en leur avenir et surtout, j’ai confiance en eux.

*Pour ce qui est du reste, si on calcule que les enfants allant à l’école y vont un peu moins de 240 jours par année (si on retire les fins de semaine, les fériés, etc.) pendant 12 ans… Ils étudient en moyenne entre 7 et 8 ans réellement.

L’école en famille étant 365 jours par année puisqu’ils apprennent en tout temps, on a le temps en masse de leur apprendre tout ce qu’ils ont besoin de savoir pour affronter la vie au cours des 12 prochaines années, n’est-ce pas 😉

You Might Also Like

2 Comments

  • Reply Dondine 31 mars 2017 at 04:53

    Il faut dire que la compétitivité, qu’elle soit consciente ou non, occupe une grande place dans notre société, et ce, dès la naissance. Avant même que les enfants soient en mesure de parler, les gens les comparent : à quel moment bébé a-t-il commencé à (insérer ici un exploit : ramper, marcher, manger tout seul, faire ses nuits etc.) par rapport aux autres enfants du même âge. Si l’enfant en question a appris avant la moyenne, c’est merveilleux! On dit qu’il ou elle est précoce, vif, un bon bébé même! Et qu’arrive-t-il pour celui ou celle qui prends plus de temps que la moyenne? Un bébé paresseux, voire difficile… Déjà, ils sont catalogués alors qu’ils ne sont même pas en mesure de comprendre pourquoi. C’est dommageable souvent, car ces enfants ne sont pas moins intelligents que les autres, ils ont peut-être juste un rhytme plus lent, ou tout simplement qu’il leur faut une méthode d’apprentissage difFérente. Alors cessons cette course à l’excellence : laissons les enfants être des enfants et vous serez surpris de voir à quel point la vie en soi leur permet d’apprendre.

    • Reply Bonheur Assumé 31 mars 2017 at 23:53

      Bien dit ! Nous-même avons été moulés dans un esprit de compétition ou l’on nous expliquait comment on devait penser, dire ou faire. Je trouve cela encore difficile aujourd’hui de me défaire de mes automatismes et je tente au mieux de développer chaque jour un meilleur esprit d’analyse critique. Lorsque je lis une lecture à mes enfants, je leur demande régulièrement ce qu’elles en pensent et je tente, en respectant le rythme de chacune, de les encourager à développer leur analyse personnelle. Et pour être franche… c’est fou ce qu’elle m’étonne !!
      Mais bon, je m’égare 😉 Merci pour ton toujours précieux commentaire ! xx

    Leave a Reply

    Back to top