Ce temps qui s’échappe…!

Depuis les derniers mois je suis habitée de plus en plus par un besoin de prendre le temps. Alors que je sillonnais les bars avec mes copines au début de ma vingtaine, je me rends compte que j’ai perdu un temps fou qui aurait pu être utilisé de bien meilleure façon.

Ceci étant, je ne suis pas quelqu’un qui cumule des regrets, mais j’en tire une leçon qui m’amène aujourd’hui à tenter de mieux choisir les activités qui remplissent mon quotidien. La grande différence étant aussi, que mes soirs et fins de semaine sont remplis d’un quotidien de maman. Je n’ai donc plus autant d’espace que je le voudrais parfois, pour m’adonner à des passes-temps personnels.

Je me souviens de mes débuts comme intervenante au Centre Jeunesse. On avait 2-3 jours de formation et les formateurs nous avaient demandé dès le départ, de nous présenter en mentionnant quelques unes de nos passions. On s’est regardés un peu incrédules, sachant pas trop où on s’en allait avec ça. 

Au final, ils nous ont dit de nous accrocher à ces passions comme des guides, des phares, qui allaient nous aider lors de nos moments de doutes et de tempêtes professionnelles (pis dans ce domaine là, y en a pas mal hein!). Ils nous ont rappelé à quel point ce serait primordial d’avoir un espace où prendre soin de soi, et où on se permettrait de décrocher d’un quotidien parfois lourd. C’est d’autant plus vrai lorsqu’on fait le choix de rester à la maison, pour assumer soi-même la scolarisation de son enfant entre autre.

Comme vous avez pu le constater si vous me suivez depuis un moment, j’ai des intérêts diversifiés, principalement en ce qui attrait aux Arts. J’aime la peinture à l’huile et à l’acrylic mais également le dessin au plomb et à l’aquarelle tout comme le collage, et tellement d’autres médiums!

En début de retrait préventif de ma 3e grossesse, je me suis remise au dessin que j’avais mis de côté pendant des années. Je me suis surprise à m’évader pendant ces quelques instants que je m’accordais. Je me réservais certaines soirées par semaine, une fois les enfants couchés, et je m’étais même inscrite à un cours pour améliorer mes techniques.

Je trouvais gratifiant de me réaliser ailleurs que sur le plan professionnel ou de ma maternité. 

Je me suis aussi inscrite pendant quelques semaines à un cours de tricot pour apprendre à tricoter des pièces plus complexes qu’un foulard! Encore une fois, je pouvais y passer des heures le soir devant la télé. Ça me motivait de voir mon projet évoluer! J’ai réalisé des bas de laine, des tuques et foulards, et même un chandail pour mon chum. J’en ai d’ailleurs promis un à mon frère pour Noël cette année… je suis mieux de m’y mettre hein!

En somme, j’aime travailler de mes mains. J’adore les méthodes ancestrales de tissage et le filage de la laine m’impressionne aussi! J’ai 3 grandes couvertures ‘catalogue’ que ma grand-mère maternelle a tissées, et je me rends compte à quel point nous avons perdu notre capacité à apprécier ces choses, faites avec amour et don de soi.

Je préfère de loin la courte-pointe que ma mère a cousue pendant des semaines pour mes filles, plutôt que l’ancienne couverture de la Reine des neiges qu’on leur avait achetée. Mes enfants attachent d’ailleurs une importance capitale à ces couvertures et les traînent partout où elles vont. L’amour qu’elles traduisent les rendent des plus confortables.

J’ai l’impression que nous ne savons plus apprécier ni les choses simples, ni la valeur du temps. 

Notre vie est de plus en plus remplie de possessions matérielles, mais se vide de sens. On ne se rencontre plus, on ne se regarde plus. On garde un contact superficiel mais suffisant par nos divers réseaux sociaux, et on se revoit plusieurs mois, parfois années plus tard, en se faisant croire que c’est ‘comme si c’était hier’.

On disait autrefois que ça prenait un village pour élever un enfant. Maintenant on se fait dire que c’est nous qui les avons voulus. Elle est passée où toute la belle entraide familiale et du voisinage? 

On rêve de s’arrêter pour souffler juste un peu, parce qu’on se sent tranquillement happé par le flot d’un quotidien, qui nous ressemble de moins en moins. On se sent seul même entouré de gens constamment, tout ça parce qu’on ne prend plus le temps de vivre le moment, et d’habiter réellement les contacts que nous établissons.

Il nous en faut toujours plus en moins de temps. On regarde parfois jalousement la vie de l’autre, qui a osé tout plaquer et partir parcourir le monde. On se demande comment il a fait? ‘Il devait avoir un héritage caché quelque part… moi je pourrais jamais.’

Et si on pouvait tous? Si la vie dont on rêve, elle était accessible en faisant certains choix?

Je regarde ma fille aînée qui aura déjà bientôt 6 ans, et je m’aperçois que dans un avenir pas si lointain, elle sera adolescente et elle aura de moins en moins besoin de moi au quotidien. Le temps que je passe avec elle aujourd’hui, me paraît d’autant plus important. 

Je n’ai pas envie que ma fille se souvienne de sa mère rentrant tard du travail, crevée par sa journée folle, et trop fatiguée pour lire une dernière histoire. Tout ça pour quoi… une carrière. Dans 10 ans, j’aurai toujours la liberté de m’en rebâtir une à mon goût, mais mes enfants eux, grandiront juste une fois.

Ceci dit, je sais que pour plusieurs mamans, travailler à l’extérieur de la maison demeure un choix assumé et que c’est le meilleur pour elles et leur famille. Je ne les jugerai jamais pour ça. Je vois par contre beaucoup d’autres mamans qui désireraient demeurer plus longtemps à la maison avec leurs enfants, mais qui ne croient pas pouvoir le faire pour une question financière ou par la peur de ce que ça peut impliquer.

À ces mamans je vous dis, faites vous confiance. Tous nos choix ne sont pas définitifs et peuvent aussi être adaptés quotidiennement. 

Hier c’était l’arrivée du printemps et on célébrait déjà l’idée que l’été arrivera bientôt. Cet été, je me suis promis de faire goûter à mes filles un peu de mes souvenirs d’enfance. 

Je les apporterai jouer dans la terre glaise sur le bord de la mer, où on s’amusera à façonner pleins de monstres de boue, qu’on laissera sécher au soleil avant d’aller nous rincer à la course dans l’eau froide. 

Nous peinturerons des galets de toutes les couleurs, les orteils dans le sable chaud, les cheveux au vent de l’air salé.

On se collera devant un feu, des guimauves au bout d’un bâton, en observant les étoiles et en se racontant nos meilleurs moments de la journée, juste avant de rentrer se coucher au son apaisant des vagues.

On s’amusera à sauter par dessus les milliers de soleils de mer, échoués sur les roches le long de la grève, et on ramassera comme chaque été, des centaines de trésors soufflés par la marée montante. 

Je leur raconterai encore une fois, qu’il y a beaucoup de leur grand-père dans chacune des gouttes d’eau que contient la mer dans laquelle elles aiment tant nager.

 

 

 

On regardera aussi le soleil se lever, en déjeunant dehors sur le balcon, au même endroit que leur père et moi déjeunions déjà des années passées…

Et on se dira à quel point juste comme ça, la vie est parfaitement belle!

Et vous, comment profitez vous du temps qui passe?

You Might Also Like

No Comments

Leave a Reply

Back to top