Laisser son enfant s’élever selon la pédagogie Montessori

Depuis déjà longtemps, la pédagogie de Maria Montessori m’interpellait. Les outils sont magnifiques, épurés et attirants pour les petits comme pour les grands, et ce style pédagogique est régie par une vision positive de l’enfant. Après une lecture sur les fondements de base, j’ai remis certaines de mes pratiques parentales en question.

Elle nous incite à voir le monde tel que nous le connaissons, comme inadapté à l’enfant sous plusieurs angles. Qui plus est, lorsque nous croisons des gens qui tentent de poser un regard différent sur leur façon d’éduquer leurs enfants, nous les jugeons rapidement comme étant des parents ‘mous’, qui créent des enfants rois, des enfants gâtés, mal élevés, etc.

Mais lorsque je regarde la fougue qui anime les yeux de ma Lou, je ne peux m’empêcher de me rappeler une tante qui m’avait sciemment jugé mal élevée de ne pas avoir respecté ses demandes et qui plus est, de m’être défendue d’un tiraillage avec son fils. Je me rappel à quel point je me sentais en sécurité de voir mes parents me défendre de gens de ce genre, et ce, peu importe le prix à payer. 

Cette fougue qui m’habitait, habite également mes filles et nous gravitons dans un monde où elle doit se taire. Cette énergie qui anime l’enfant et qui demande à croître et à se développer, nous l’a faisons taire à coup de ‘ne touche pas à ça’ ‘ne va pas là’, ‘parle moins fort’, arrête de crier et de courir’… Est-ce là, la façon d’en faire de bonnes personnes, bien éduquées?

Selon Montessori, nous faisons erreur. Nous évoluons dans un monde où les acquisitions matérielles prennent tellement d’importance, que nous nous faisons un devoir de les protéger de la main ravageuse du petit enfant qui y vit. Combien de fois je me revois répéter à mes filles de ne pas toucher à mes choses de peur qu’elles les brisent. ‘Allez jouer avec vos joue
ts, vous en avez assez…’

Or, les enfants apprennent en jouant et en imitant. Lorsqu’ils viennent prendre en douce les plateaux et chaudrons dans la cuisine pour y déposer leurs ‘biscuits’ en pâte à modeler, ils développent leur instinct culinaire et apprennent les mouvements nécessaire à cet apprentissage. 

Ainsi, Montessori nous propose plutôt d’accueillir les manifestations supérieures de l’enfant en préparant notre milieu en conséquence, et en laissant l’enfant travailler et établir ses jeux à même les pièces des adultes. Inutile de remplir sa chambre de jouets.

Vous pouvez donc reconfigurer le contenude vos armoires de cuisine pour ne laisser à sa hauteur que les plats et contenants sécuritaires, sécuriser les pièces où vous êtes régulièrement, etc. De cette façon, votre enfant aura le loisir de faire ses apprentissages tout en passant des heures de plaisir près de vous. Cela vous permettra en prime de diminuer vos dépenses en jouets et en temps de ramassage. Vous n’aurez qu’à ranger les objets de la maison qu’il aura utilisé (juste pour ce dernier point j’adhère!!).

Elle nous aborde également dans son livre L’enfant, sur la notion du temps dans la société d’aujourd’hui; notion qui est également inadaptée à l’enfance… et j’ajouterais également à l’homme en général. Tout va toujours trop vite et les conséquences sur l’équilibre personnel et familial sont parfois immenses. 

Elle exprime que ‘l’adulte a réglé sa vie par une sorte de constitution mentale; il s’agit pour lui d’atteindre le but par l’action la plus directe, c’est-à-dire dans le minimum de temps possible. En voyant les efforts de l’enfant pour exécuter une action souvent inutile ou futile et que l’adulte pourrait accomplir en un instant, et avec bien plus de perfection, il est tenté de l’aider voir de faire à sa place, interrompant ainsi un travail qui le gène.’ 

Je me revois tellement dire à ma fille, ‘tasse toi je vais le faire on est pressés’ … et je l’entends me demander lorsqu’on sort ‘maman, est-ce qu’on est en retard là?’. Ça me percute de réaliser à quel point je lui impose une charge de stress qu’elle n’a pas besoin, à quel point c’est à moi de ralentir et non à elle d’accélérer. Je suis consciente que la société impose ce rythme et que nous y sommes parfois contraints, mais est-ce là la vie que nous souhaitons réellement? Je crois que nous devons au moins y réfléchir et tenter de ralentir pour eux comme pour nous, en cherchant les solutions.

De cette façon, la prochaine fois que votre fille essaiera de se coiffer, bien que ça vous démangera de l’aider et de faire à sa place une belle queue de cheval parfaite, prenez le temps de l’observer travailler et de fournir un effort par elle-même. Même si à la fin du processus vous aurez à l’a coiffer, votre admiration devant ses efforts aura contribué au développement de ses capacités et de sa confiance personnelle.

En ce sens, vous aurez sans doute compris qu’avant d’appliquer cette méthode, on doit être en mesure de s’observer en tant que parent et de remarquer nos automatismes qui font défaut. Montessori va plus loin en mentionnant que le ‘maître’ de l’enfant doit se préparer spirituellement afin de pouvoir mieux élever l’enfant.

Elle fait remarquer à quel point l’adulte est occupé à mettre son focus sur les ‘tendances méchantes de l’enfant’ et sur la façon de corriger ses ‘actes indésirables’. Elle suggère d’abord de chercher nos propres défauts afin de les régler en citant : ‘ Enlève d’abord la poutre que tu as dans l’oeil, et tu sauras ensuite enlever la paille qui est dans l’oeil de l’enfant.’

Il nous faut nous éduquer si nous souhaitons éduquer. Elle nous conseil de travailler rapidement sur deux péchés qui se dressent entre nous et notre compréhension de l’enfant, soit la colère et l’orgueil. Elle nous propose de faire un examen de nous-même et souli
gne que nous devrons accepter d’être un guide positif pour l’enfant, en abolissant toute attitude tyrannique où nous serions en position de dominant-dominé vis-à-vis lui, sans égard à sa dignité. 

À cet égard, les enfants sont souvent grondés, humiliés; les adultes leur crient dessus ou leur laisse entendre qu’ils devraient sans cesse faire mieux ou plus vite. On oublie souvent le sentiment vécu lorsqu’une personne nous fait sentir plus petit que soi, lorsqu’il nous regarde de haut et nous contraint dans notre liberté d’expression ou de mouvement. Les enfants l’oublient…ou pas.

Je terminerai sur un dernier passage de son livre L’enfant qui m’a longuement fait réfléchir et qui tombait à point dans ce processus que j’entame, soit celui de me redéfinir.

‘Tout dans l’homme, est erroné, tout est à refaire. Et pour refaire, un seul remède: le retour à la source unique des énergies créatrices. […] L’adulte avait son opinion faite et considérait comme bon chez l’enfant tout ce qui s’adaptait à ses propres conditions de vies, et vice versa. Et, dans ce jugement, les caractères naturelles de l’enfant restaient dans l’ombre.’

Laissons briller nos enfants, qu’en pensez vous ? 🙂

You Might Also Like

No Comments

Leave a Reply

Back to top