Mon récit d’accouchement à la maison

Nous vivons dans un monde où tout va trop vite et où on peut vite se sentir dépassé. La liste de nos préoccupations étant souvent trop longue, on suit le mouvement et on ne prend pas souvent le temps de s’arrêter pour bien analyser chacun de nos choix. Lorsqu’on apprend qu’on sera parent, les choix prennent une autre dimension. Je comprends davantage l’importance de refuser les conventions pré-établis, en développant un jugement éclairé et en me faisant confiance d’abord, et avant tout.

J’ai mis du temps avant de faire cette prise de conscience. En fait, j’ai mis 3 grossesses. Je dirais qu’à mes deux premières filles, je ne remettais jamais en doute les judicieux conseils de mon médecin ou la Bible des parents #Mieux-Vivre. Mon entourage pourrait vous parler de mon hystérie, s’il s’avérait que quelqu’un donne à ma fille un biberon réchauffé au micro-onde plutôt que dans l’eau chaude! #nojoke 

Durant mes grossesses, je n’ai pas non plus pris le temps d’être à l’écoute de mon corps. Je mettais beaucoup de soins à préparer la venue de mes filles en leur faisant écouter du Mozart par ma bedaine… mais je ne me connaissais pas bien moi-même. J’avais un régime alimentaire inadapté qui me causait énormément de soucis intestinaux, créant par la bande, des menaces d’accouchement prématuré les deux fois. 

Pour ce qui est de mes accouchements, ils se sont bien passés somme toute, mais j’ai eu l’impression d’être prise en charge comme une enfant. J’ai senti qu’on contrôlait pour nous les opérations. Je me souviens même d’avoir eu un sentiment de crainte et de vide à ma sortie de l’hôpital, me retrouvant seule pour m’occuper de mon enfant, pour préparer mes repas, prendre soin de moi…accouchement à la maison

Lorsque j’ai appris ma 3e grossesse, ce n’est pas une surprise pour personne; j’ai eu un choc. Cette enfant n’était pas prévue, mon couple traversait une tempête qui laissait entrevoir un chemin qui se divisait et ma carrière prenait son envol. J’ai toujours cru que la vie nous envoyait ce qu’il nous fallait aux bons moments et qu’il n’en tenait qu’à nous de savoir l’accueillir, et c’est donc ce que j’ai fais.

Cette grossesse a été la plus belle des trois. Je me suis intéressée d’abord à mon alimentation. J’ai suivi des formations et je me suis beaucoup renseignée. J’ai diminué ma consommation de viande, de produits laitiers et de gluten. J’ai également fais quelques traitements d’acuponcture afin de réduire au maximum les risques et parce que j’ai compris, que mon corps avait besoin qu’on s’occupe de lui pendant qu’il s’affairait à créer la vie.

Je n’ai donc eu aucun problème de grossesse similaires aux deux premières! Un vrai miracle. Cette grossesse m’a permise aussi de mettre ma vie sur pause en demeurant à la maison. J’ai compris que l’équilibre que je croyais avoir atteint au cours de la dernière année, n’était en fait qu’une façade au mal-être qui m’habitait. Je m’étais perdue.

Mon envie de naturaliser la naissance m’a toujours habité, mais comme ce n’était pas la ‘norme’, je n’ai pas poussé plus loin les deux premières fois. Cette fois ci, j’ai décidé fermement que je reprendrais le contrôle du début à la fin. J’étais déterminée à faire de cet événement, le plus beau, pour nous. Ainsi, j’ai rencontré une sage-femme et nous avons planifié ensemble l’accouchement pendant les mois suivants.

Elle nous a demandé où nous voulions être pour l’accouchement. Il n’y avait aucun questionnement dans mon esprit, ni dans celui de mon chum; nous serions ensembles entourés de nos enfants, au sein de notre foyer. Là, où nous pourrions l’accueillir dans l’amour, la chaleur et la simplicité.

Un enfant se développe pendant de longs mois selon le rythme du corps d’un autre. Il est réchauffé, nourris et construit par un extérieur connu et confortable. La naissance que nous considérons comme un moment magique et heureux, est en fait un passage brutal et douloureux pour la mère comme pour l’enfant, qui poussera son premier cri en emplissant pour la première fois ses poumons d’air froid. Il était donc important pour nous, de laisser la nature tracer la voie et de rendre confortable et non médicalisée son arrivée.

J’ai refusé que cette fois l’on choisisse quand, où et comment ma fille allait nous rencontrer. Ce moment difficile serait notre traversée à toutes les deux. Il l’a été. Je n’ai pas été spectatrice du cheminement de ma fille; mon chum n’a pas été spectateur du mien. Nous avons formé une équipe; une équipe de feu!

Ma fille a choisi le premier du mois de mon anniversaire pour naître, en changeant la personne que j’étais à jamais. J’ai soufflé avec elle au rythme des vagues de contractions douloureuses et fortes, mais espacées et indulgentes. J’ai manqué de confiance à un certain moment, déstabilisée par l’intensité de la douleur, mais le support de mon chum, ma mère et de ma sage-femme m’ont rassurée. 

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 Après 2h de travail, je me suis dirigée de ma salle de bain à ma chambre d’amis, où j’ai donné la vie sur le pas de la porte, apprenant du même coup que nous avions une 3e fille.

J’ai pu prendre le temps de l’a tenir contre moi sur le plancher sans crainte, comme si le temps venait de s’arrêter. On m’a ensuite transportée à mon lit, où nous avons commencé à nous connaître doucement, chacune à l’écoute de l’autre.

Mon chum est allé réveiller nos autres filles, qui se sont empressées de venir découvrir si elles avaient une nouvelle soeur ou un nouveau frère. Elles sont retournées se coucher pour mieux venir nous rejoindre dans notre lit au petit matin. Nous étions maintenant 5.

Depuis ce moment, je tente de maintenir une réflexion engagée en ce qui attrait mes choix concernant ma vie, mes enfants, ma famille. Ma place est ici, près d’eux. En ce sens, peu importe ce qu’on en pense, ma fille est près de moi en tout temps, dort blottit contre moi et je l’a nourris lorsqu’elle le demande, comme il se doit de l’être tout simplement. #àlapoubelleleMieuxVivre

La fervente des routines en moi a décidé de laisser la vie suivre son cours, et de l’étonner de temps en temps. Je dois reconnaître que la spontanéité d’un quotidien moins carré me manquait, et qu’il va de pair avec des enfants heureux. Je laisse mes enfants être des enfants, et j’apprends à me renouveler avec eux. Et vous, comment vivez vous votre parentalité? 🙂

 

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4 Comments

  • Reply Dominique Gingras 11 janvier 2017 at 18:58

    c’est un beau récit!

  • Reply Annie 11 janvier 2017 at 03:33

    J’admire la liberté que tu t’es donnée dans cette aventure de 3e bébé. Ca prend une dose de courage de tout lâcher prise 🙂

    • Reply Bonheur Assumé 12 janvier 2017 at 00:48

      Je crois aussi qu’à un 3e, le lâcher prise est plus ‘facile’… Mais j’ai encore de la route à faire sur ce chemin là! 😉 Merci 🙂

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